Barouf – n°2, septembre 2013

un brouhaha de discussions et de rencontres

des explosions d’idées subversives et d’envies de révolte

un vacarme pour affronter ce monde ici et maintenant sans rien attendre des politiciens et de ceux qui veulent nous représenter

…pour que notre désir de se débarrasser de toute autorité, domination et exploitation fasse du bruit !

journalbarouf [arobaz] riseup.net – barouf.noblogs.org

 » Votre quartier se transforme »

On pisse sur les GPIS

– À Couronnes y a pas de ZSP mais y a la BST

Mutineries en série, révoltes rebelote, évasions à foison !

 

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« Votre quartier se transforme »

« VOTRE QUARTIER SE TRANSFORME »

Ça fait des années que le quartier Barbès-La Goutte d’Or-Château rouge « se transforme » : expulsions et destructions d’immeubles, installations de nouveaux commerces et de galeries d’artistes ou de créateurs financées par la mairie, multiplication des patrouilles de flics, mise en place de nombreuses caméras de vidéo surveillance, etc. Politiciens et investisseurs veulent en faire un quartier branché, capable d’attirer population friquée et touristes. Et dernièrement ça sent vraiment pas bon pour les pauvres…

Déjà, il y a la ZSP, zone de sécurité prioritaire, mise en place en septembre 2012 par le ministre de l’intérieur en lien avec la mairie et la préfecture : encore plus de patrouilles de flics et encore plus de répression. Pour que les « nouveaux venus » se sentent en « sécurité », « il faut virer tous ces indésirables qui squattent le trottoir, vendent des trucs à la sauvette, font du bruit et salissent les rues », se disent ensemble flics et aménageurs. Du coup, c’est la guerre : occupation policière, contrôles et arrestations de vendeurs/euses à la sauvette et de biffins, rafles de sans papiers. Le 6 juin dernier, le quartier a été entièrement bouclé par les flics pendant plusieurs heures et des centaines de personnes ont été contrôlées au faciès. Plusieurs dizaines ont été arrêtées puis enfermées au centre de rétention de Vincennes et, heureusement, la plupart libérée avant l’expulsion. Et puis il y a la chasse aux prostituées, les contrôles d’hygiène de petits restos, les expulsions de logements, etc. Les ZSP -parce qu’il y en a plus de soixante en france- c’est aussi une collaboration renforcée entre le commissariat, la mairie et certaines associations. Plusieurs fois par an, dans le cadre de celle de Barbès, une « cellule de coordination des forces de sécurité » se réunit, en présence d’une quinzaine d’habitants du quartier, membres de collectifs ou d’associations locales. En parlant de collabos on peut aussi évoquer l’association « Action Barbès », qui sévit dans le quartier depuis une dizaine d’années en faisant pression auprès de la mairie en faveur de plus de sécurité et d’une restructuration du quartier. Leur programme ? Un petit tour sur leur site internet en dit long sur leur manière de voir les choses : dégager les “délinquants » et « développer des axes civilisés » (un relent du temps des colonies)…

Ensuite, dans la volonté de faire de Barbès un quartier « attractif » pour une nouvelle population plus riche qui s’installe peu à peu depuis quelques années, promoteurs urbains et investisseurs ne manquent pas d’idées. Les ateliers/boutiques pour artistes branchés et jeunes créateurs financés par la mairie et les bailleurs sociaux continuent de pousser comme des champignons tandis que le Louxor ré-ouvre ses portes avec des tarifs inaccessibles comme ailleurs : de 7,50 à 9 euros la place de cinéma. Et prochainement, à la place du magasin Vano qui a brûlé l’an dernier, l’ouverture d’une grande brasserie. Les deux restaurateurs à l’initiative de ce projet, Pierre Moussié et Jean Vedreine (qui possèdent déjà plusieurs autres restaurants dans la ville) misent justement sur la transformation du quartier pour attirer tous les bobos dans leur établissement et faire de Barbès le prochain quartier parisien à la mode. Mais pour que leur entreprise fonctionne il va falloir faire place nette sur le trottoir et c’est dans cette optique qu’ils ont été reçus par le maire d’arrondissement afin de « parler de la sécurité aux abords de l’établissement ». Qu’on ne s’y trompe pas, les habitant-e-s du quartier ne seront pas convié-e-s à lire la carte des menus mais plutôt à faire leurs valises et dégager plus loin. D’ailleurs les loyers ne font qu’augmenter et plus de 75% des logements sociaux sont attribués à des personnes gagnant quasiment le double du SMIC et plus (les catégories PLUS et PLS). Une proportion de plus en plus importante des logements appartenant à des bailleurs sociaux est réservée à l’accession à la propriété pour qui veut et peut s’endetter sur 15 ans. Ils appellent ça la mixité sociale…

« Votre quartier se transforme » annoncent les panneaux de chantier, « oui, mais sans nous » pouvons nous rajouter. Vu que dans quelques mois il y a les élections municipales, les politiciens vont donner un coup d’accélérateur afin de satisfaire leur électorat.

Récemment, quelques habitants du quartier ont organisé des attaques contre les vendeurs/euses à la sauvette, à coup de gazeuse et de bâtons. On se demande quelles sont les motivations de leurs sales coups de pression : une question de territoire ou de commerce ? En tous cas le pouvoir se frotte les mains de cette situation et la police rigole bien de voir des pauvres attaquer d’autres encore plus pauvres. Pendant ce temps là, ceux qui nous gouvernent et nous oppriment au quotidien peuvent continuer leur sale besogne tranquilles. Diviser pour mieux régner sera toujours une stratégie du pouvoir qui préfère voir les gens s’entre-tuer plutôt qu’une révolte embraser les rues comme récemment en Turquie ou au Brésil.

Ce qui se passe à Barbès, occupation policière, guerre aux pauvres, hausse des loyers et rénovation du quartier, c’est un processus qui touche d’autres quartiers de Paris et de la proche banlieue.

À Stalingrad par exemple, autre ZSP de Paris, l’occupation permanente de la place par des CRS, l’ouverture dans la rotonde d’un resto chic avec son immense terrasse et les activités/expositions co-organisées avec la mairie permettent de virer les derniers indésirables.

De la Porte de la Chapelle jusqu’à la Porte de la Villette, un nouveau quartier est en train de voir le jour : des logements mais aussi la création de « nouveaux pôles d’activités et d’emplois à travers l’accueil de bureaux, de commerces et d’activités ainsi que la création d’un hôtel d’entreprises ». Les logements et les infrastructures sont labellisés « Haute qualité environnementale » et le tout est desservi par la nouvelle ligne T3 du tramway.

Plus globalement, avec le projet du Grand Paris, politiciens, promoteurs et urbanistes veulent continuer à étendre et développer une grande métropole mondiale, touristique, branchée et pleine d’investisseurs, où la circulation de l’argent est fluide et la population travailleuse, docile et consommatrice de marchandises et de loisirs. Les autres, les trop pauvres, celles et ceux qui ne servent à rien dans ce projet, sont dégagé-e-s plus loin ou invité-e-s à rester chez eux. Il n’y a qu’à voir certains des nouveaux moyens de transport qui sont mis en place : vélib’, autolib’, moyens de transport individuels et coûteux dont l’accès est « réservé » à qui a une carte bleue et un compte en banque avec suffisamment d’argent dessus.

Parce que le développement d’un nouveau quartier, de nouveaux axes de transport permettent l’augmentation du coût de la vie. Que la mixité sociale et la rénovation urbaine, c’est la guerre aux pauvres. Et que pour nous contenir et mater toute envie de révolte, polices, vigiles et caméras sont omniprésents. Parce que quand on se fait virer à coup d’huissier ou de tramway, contrôler et filmer à chaque coin de rue et chaque angle du métro, qu’on galère à bouffer et se loger, etc., il y a de quoi avoir envie de se révolter non ?

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Des caméras à la pression policière, de la rénovation du quartier aux vélibs, tout ne se passe pas sans encombre pour les promoteurs et bourgeois qui voudraient s’installer après que le quartier se soit fait labourer. Du coup les caméras se font parfois détruire à peine installées, les vélibs se font voler ou se retrouvent avec les pneus crevés, … ça donne plutôt envie de s’y mettre faut juste pas oublier de prendre les caméras et autres par surprise. Et puis pour éviter la surprise des rafles et contrôles dans la rue ou dans le métro c’est possible de se prévenir sur le quai de la présence d’uniformes dans la station ou de laisser entrouvertes les portes des halls d’immeubles pour que d’autres puissent s’y cacher.

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Publié dans le n°2

 

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On pisse sur les GPIS

On pisse sur les GPIS

Le GPIS (Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance) c’est cette milice de vigiles qui rôde d’immeuble en immeuble de 19h30 à 4h30, du 11ème au 20ème arrondissement (en oubliant le 16ème). Ils sont 200 en tout payés par la mairie et un groupement de bailleurs sociaux (Paris Habitat, SIEMP, RIVP, ICF, Emmaus et compagnie) qui mutualisent leurs « moyens de surveillance » pour 70000 logements HLM.
Surveiller, rôder, mettre la pression, pour faire appliquer la loi qui interdit notamment les rassemblements dans les halls d’immeubles, pour s’assurer que l’ordre imposé par l’État, les propriétaires publics, la mairie soit bien respecté.
C’est donc plus d’uniformes bleu-flicaille en bas de chez nous et qui depuis juillet de cette année ont l’autorisation d’utiliser des armes de 6ème catégorie (tonfa et gazeuse), une première chez les vigiles.
Avec ou sans armes ils représentent bien la domination, sous couvert de la justice. Ils travaillent main dans la main avec les flics, les appellent en renfort et leurs plaintes sont facilitées, pas de problèmes pour eux, mensonges et bidonnages sont pratiques courantes. Du coup qu’ils frappent ou se fassent attaquer ils sont à l’origine de centaines de procédures pour atteinte aux personnes et aux biens depuis 2004. Les 100 gpis par nuit qui tournent autour des HLM s’ajoutent aux flics qui le jour expulsent les habitant-e-s qui ne veulent plus ou ne peuvent plus payer leurs loyers.

Heureusement leurs rondes ne sont pas toujours tranquilles entre les pétards, mortiers, barres de fer et machines à laver avec lesquels ils se font -entre autres- attaquer.
Les 30 voitures quotidiennes qui patrouillent s’ajoutent aux caméras aux coins des rues pour surveiller, contrôler, dissuader toutes et tous et réprimer celles et ceux qui se débrouillent, survivent et vivent sans le biais des institutions et autres garde-fous de la société.
Pour toutes ces raisons et d’autres encore, on aimerait rendre leur sale tâche difficile, voir impossible !

 

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À Couronnes y a pas de ZSP mais y a la BST

À COURONNES Y A PAS DE ZSP MAIS Y A LA BST

Ces derniers mois, la chasse aux pauvres n’a pas connu de trêve estivale : rafles de sans papiers, traque des vendeurs/euses à la sauvette et autres indésirables. Entre Belleville et Couronnes les « contrôles de papiers », gazages à la lacrymogène et embarquements au commissariat ont rythmé ces dernières semaines. Leur objectif : empêcher que les biffins et les vendeurs/euses de rue du mois de ramadan ne s’installent sur le terre-plein central et faire comprendre à tout le monde c’est qui qui commande ici. Et pour cela la BST* a reçu du renfort : de jour comme de nuit, plusieurs patrouilles de flics sont restées stationnées autour du métro. Malgré quelques réactions et tentatives d’interposition une résistance plus large n’a pas suivi. Sur les murs du quartier, on a vu une affiche contre la police et l’État qui disait : « Il est possible de s’opposer aux contrôles et aux arrestations ; de créer des solidarités qui rendent le travail de la police plus difficile. Soyons incontrôlables ! »

* C’est la Brigade Spécialisée de Terrain qui intervient spécifiquement sur les quatre arrondissements du quartier Belleville- Couronnes.

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Mutineries en série, révoltes rebelote, évasions à foison !

Mutineries en série, révoltes rebelote, évasions à foison !

(*voir les lettres et des informations supplémentaires sur le blog du journal : https://journalbarouf.noblogs.org)

Mai/Juin : Plusieurs détenues de la maison d’arrêt des femmes de Seysses près de Toulouse font parvenir des lettres à une émission de radio anticarcérale locale pour dénoncer les mauvais traitements de la part de la direction de la taule et des matonnes : mépris et insultes, courriers interceptés, brimades*. À l’extérieur, des personnes solidaires sont allées aux parloirs distribuer des tracts.

21 juin : Concert contre toutes les prisons devant la maison d’arrêt de la santé à Paris.

Début juillet : Des détenus placés à l’isolement au centre de détention de Neuvic sur l’Isle (Dordogne) font sortir une lettre dénonçant leur placement à l’isolement, les médicaments donnés aux détenus, les fouilles, l’éloignement des proches, le pouvoir des matons sadiques et de la direction. « Le motif de cet isolement est sécuritaire, c’est l’excuse de l’AP [Administration Pénitentiaire] pour nous isoler du reste de la détention, les prétextes trouvés sont les suivants ; avoir bouché un œilleton, avoir insulté un maton, refus de rentrer en cellule ou tout simplement grande gueule. […] Nous réclamons nos transferts, mais aussi la fermeture du quartier d’isolement / quartier disciplinaire / quartier strict régime fermé, la démission de l’ensemble de la direction. Pour cela il nous faut un soutien massif de l’extérieur pour rendre public et créer un rapport de force.

Nous, nous restons en lutte malgré les coups portés par les porcs de la pénitentiaire, pour qu’enfin on danse sur les ruines de cette porcherie. Nous vous espérons nombreux et actifs afin de briser la répression carcérale. » *

4 juillet : Christine, détenue au centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais) devait passer en procès à Arras pour refus de signalétique (empreintes digitales et photo) ; violence pour s’être débattue sous les coups ; menace pour avoir crié à un mastodonte qu’elle lui péterait sa gueule ; dégradations pour avoir foutu le feu dans ses cellules et avoir gravé dans les murs de la cour : « MURS PAR MURS, PIERRE PAR PIERRE, NOUS DÉTRUIRONS TOUTES LES PRISONS ! ». Le procès a finalement été renvoyé à sa demande courant septembre. À son retour en taule elle a de nouveau été placée au mitard. Le lendemain elle entame un nouveau bras de fer avec l’administration pour pouvoir manger le repas du soir, distribué pendant le régime « portes ouvertes », en extérieur. Pour cela elle est passée au prétoire (tribunal de la prison) et a été condamnée à trente jours de mitard supplémentaires plus quatorze autres pour les mêmes « incidents » qui seront jugés au pénal en septembre.

7 juillet : Un détenu du centre de détention d’Argentan (Orne) a mis le feu à une cellule pour protester contre le fait que sa demande de transfert reste sans réponse. Placé au quartier disciplinaire il a de nouveau incendié une cellule le 9 juillet. « J’ai écrit plusieurs fois. Sans réponses ! Mettre le feu à ma cellule est le seul moyen que j’ai trouvé pour me faire entendre » a-t-il déclaré lors de la comparution immédiate suite à laquelle il a été condamné à 4 ans de prison supplémentaires.

9 juillet : Un détenu a pris en otage un maton à la prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère).

À Nancy une quarantaine de détenus ont refusé de regagner leurs cellules à la fin de la promenade en solidarité avec un autre détenu à qui l’AP avait refusé une permission pour assister à des obsèques. La direction de la taule a demandé l’intervention des Eris (équipes régionales d’intervention et de sécurité, « supers matons » cagoulés chargés du maintien de l’ordre en prison).

16 juillet : Évasion de la prison de Sequedin près de Lille d’un détenu qui a réussi à tromper la vigilance des matons qui le ramenaient du tribunal. Son frère a déclaré à un journaliste qu’il était parti prendre des vacances et qu’il reviendrait à la rentrée (ha ha ha).

21 juillet : À la maison d’arrêt d’Angers un détenu qui était au mitard a volontairement mis le feu à sa cellule pour en sortir. Suite à cela il a été transféré à l’hôpital psychiatrique, où les médecins l’ont réprimé à coup de calmants. Jugé en comparution immédiate pour « dégradation par incendie », il s’est pris un an ferme.

22 juillet : Une trentaine de détenus de la prison de Clairvaux (Aube) ont refusé de retourner dans leurs cellules suite à la promenade. Parmi leurs revendications : un meilleur accueil des familles lors des visites.

1er août : Mutinerie à la prison de Bourg-en-Bresse (Ain). Une vingtaine de détenus ont détruit du mobilier, des caméras de vidéo-surveillance et des lampes dans une des ailes du centre pénitentiaire. Plusieurs graffitis hostiles au juge d’application des peines et à une surveillante ont recouvert les murs. Cette révolte est le résultat d’un ras-le-bol général par rapport au juge d’application des peines qui n’accorde ni aménagements, ni conditionnelles, ni permissions de sortie. Il y a deux mois déjà, une pétition avait été signée par pas mal de détenus et remise à la direction de la prison par rapport à ça. Ce jour là aussi, une surveillante monitrice de sport a interdit aux détenus qui portaient des shorts de sortir. Les Eris (équipes régionales d’intervention et de sécurité, « supers matons » cagoulés chargés du maintien de l’ordre en prison) sont intervenues pour mater la révolte à coup de matraque et de flashball. Plusieurs personnes ont été mises au mitard et sont ressorties deux jours après et trois ont été transférées*.

En solidarité un blocage à eu lieu à la prison de la Talaudière (Saint-Étienne).

6 août : Un sans papiers enfermé au centre de rétention de Metz s’est fait la belle depuis l’hôpital de Mercy. Il avait été hospitalisé avec une autre personne après qu’ils aient affirmé avoir avalé des cadenas. À l’hôpital, placé dans une pièce non sécurisée, il a réussi à se barrer à la barbe des policiers. Il n’a à priori pas été retrouvé.

14 et 15 août : Deux détenus ont mis le feu à leurs cellules à la prison de Laon (Aisne) à un jour d’intervalle. En comparution immédiate ils ont tous les deux pris 6 mois ferme. Un troisième détenu a également tenté de mettre le feu à sa cellule sans y parvenir.

19 août : Mutinerie à la prison de Blois (Loir-et-Cher) suite à la mort d’un détenu visiblement liée à une négligence de l’AP.Une soixantaine de détenus ont refusé de regagner les cellules, allumé un feu dans un des bâtiments et tenté de prendre le contrôle de certains postes de sécurité, jusqu’à ce qu’une quarantaine de membres des Eris débarquent en renfort.

20 et 21 août : Une vingtaine de détenus ont tenté d’incendier un poste de contrôle de la prison de Châteaudun (Eure-et-Loire) avant de monter sur le toit d’où ils ont lancé des projectiles. Cinq d’entre-eux ont fini en garde-à-vue. Mais la répression et la présence d’une trentaine de flics des Eris restés sur place ne suffisent pas à faire taire la révolte. Le lendemain une trentaine de prisonniers commencent à saccager des grillages pour s’introduire dans la zone neutre de la prison, avant d’être réprimés 3h plus tard par des Eris de Paris et de Dijon venues en renfort. L’AP prévoit le transfert de 20 prisonniers.

22 août : 22 détenus de la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines) ont refusé de regagner leurs cellules. Ils protestaient contre la lenteur d’intervention des équipes médicales suite au malaise de l’un d’entre eux.

Le même jour une mutinerie a éclaté au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) en réponse à une réaction violente des flics lorsqu’un retenu a escaladé une grille pour aller chercher le ballon de foot qui avait atterri dans une partie inutilisée du centre. Un grillage séparant deux blocs du centre a été détruit et des feux ont été allumés dans deux cellules. Les flics on maté la révolte à coup de lacrymos et de matraques et un mutin a fini en garde-à-vue.

30 août : 11 retenus se sont évadés du centre de rétention de Vincennes en découpant un grillage avec une scie à métaux. La même semaine un retenu manque à l’appel du centre de rétention du Mesnil-Amelot.

Encore une belle, Palaiseau trois évasions – 6 septembre 2013

6 septembre : Quatre personnes ont tenté l’évasion du centre de rétention de Palaiseau en sciant les barreaux d’une fenêtre située au premier étage. Trois d’entre eux y sont parvenus et un a été repris car il s’est blessé en sautant.

Nous sommes solidaires de ces protestations et révoltes car elles viennent briser la routine carcérale de la porte qui se referme sur la cellule, des matons qui humilient, de l’isolement qui nous sépare de celles et ceux que l’on aime. Nous sommes solidaires car nous sommes contre la prison.

Nous sommes contre la prison parce que l’idée qu’un être humain en enferme un autre nous est insupportable, que le temps enfermé mutile et assassine.

Nous sommes contre la prison parce que le monde dans lequel on vit et que nous détestons en a besoin pour nous contenir et nous dresser, pour étouffer nos révoltes.

Nous sommes contre la prison parce que nous sommes contre cette société.

Partager ces histoires permet de briser l’isolement, de renforcer et de créer des solidarités à travers les murs, de donner des idées pour s’attaquer à l’enfermement et à ses rouages.

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Barouf – n°1, avril 2013

un brouhaha de discussions et de rencontres

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Balade sous contrôle

D’une prison à l’autre

Dégage, la révolution continue en Égypte et en Tunisie

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Balade sous contrôle

Balade sous contrôle1
9h30, Aubervilliers-Pantin-4 Chemins. Alors qu’on part trouver de la thune, de quoi manger ou se promener, les flics sont au coin de la rue. Ils sont là, avec leurs armes et leurs sales gueules, comme hier, comme il y a une heure, comme tout le temps maintenant en fait, à harceler les vendeurs/ses à la sauvette, les pauvres en tout genre, à mater tout ce qui bouge de travers, prêt à tou-te-s nous contrôler et arrêter quelques sans papiers sur le chemin. Que l’on soit à Barbès/La-Goutte-d’Or, à la Gare de Saint-Denis, à Saint-Ouen où à Stalingrad, c’est la même chose. Depuis peu ces quartiers sont devenus des ZSP, “Zone de Sécurité Prioritaire”. Nouvelle invention sécuritaire du pouvoir, il en existe soixante-quatre dans tout le pays et concrètement ça signifie encore plus de flics dans les rues et une collaboration plus étroite entre mairies, commissariats et associations. À Belleville et Couronnes il y a aussi plein de flics partout, mais là ce sont ceux de la “Brigade Spécialisée de Terrain” (BST) créée en janvier 2011.
Et puis il y a aussi tous les autres que l’on ne remarque même plus : GPIS, sécurité de la Mairie de Paris, correspondants de nuit, militaires, etc. Avec tous ces uniformes, le pouvoir militarise les villes, et principalement les quartiers pauvres, pour faire régner la pacification sociale et que chacun-e d’entre-nous reste bien à sa place.

12h00, dans le métro. Changement à Stalingrad “contrôle des titres de transports !” Un barrage de contrôleurs fait face au flot des voyageurs qui fouillent frénétiquement leurs poches à la recherche du bout de plastique qui donne le droit de continuer son chemin tranquillement. Certain-e-s tentent de faire demi-tour, mais sont retenu-e-s par les gros bras de la ratp sureté (GPSR).
Dans chaque recoin ou derrière chaque caméra ils sont là, pour réguler et rentabiliser les flux, chasser les fraudeurs, surveiller et réprimer nos faits et déplacements. Et si en plus de pas avoir de ticket on n’a pas le “droit” d’être là (pas de papiers, recherché-e par la justice, sous contrôle judiciaire), la police n’est jamais bien loin pour t’emmener au commissariat.
Les transports en commun sont pensés et organisés en fonction de la nécessité pour l’économie et le pouvoir d’assurer le déplacement dans la ville. Ils ont pour fonction d’amener des gens de la maison au travail, de la CAF au magasin, etc. Les transports, que ce soit le réseau de métro et de bus ou encore les nouvelles lignes de tram qui viennent d’être inaugurées, tissent une toile sur la ville : des arrêts délimités où l’on va parce que l’on a quelque chose à y faire, tout le reste n’est que points de passage. Et tous nos déplacements y sont fichés par les puces RFID contenues dans les pass’ navigo.
L’importance des transports est encore plus visible quand ils sont perturbés, par la neige, la grève ou un sabotage : retards, chaos, désordre, rupture avec la routine.

balade en ville215h15, à l’angle de deux rues dans le XXème arrondissement. Une nouvelle caméra de vidéo-surveillance est en train d’être installée. Elle fait partie du plan de plus de 1000 caméras de la ville de Paris et qui, ajoutées au 10000 du réseau RATP/SNCF et à celles de sociétés privées, banques et magasins, quadrillent toute la ville. Des centres de vidéo-surveillance ont été mis en place dans plusieurs commissariats, où les images sont regardées 24h/24.
Elles sont un moyen de surveillance supplémentaire, traquent nos vies et nos corps dans les moindres détails. De nombreuses villes adoptent un réseau de vidéo-surveillance de plus en plus sophistiqué : rotation à 360°, zoom, infrarouge, détection de comportements suspects (par exemple des attroupements), reconnaissance faciale…

17h30, quartier Bas-Montreuil/Bagnolet. Des huissiers viennent de saisir une famille et de les expulser de leur logement car ils ne payaient plus leur loyer depuis des mois et que leurs crédits à la banque se sont accumulés. Ici, comme dans d’autres quartiers pauvres de proche banlieue, les loyers ne font qu’augmenter et les agences immobilières poussent comme des champignons. C’est un quartier en plein changement d’après la mairie et les promoteurs : ils appellent ça la rénovation urbaine ou la restructuration, prétendent “améliorer la qualité de vie”. Aussi les préfectures et les mairies ont déclaré la guerre aux logements insalubres et aux squats, pour expulser les habitant-e-s qui sont repoussé-e-s toujours plus loin des centres-villes et détruire des bâtiments pour en reconstruire des plus beaux, plus écologiques, pour des gens qui ont plus de thunes.

Cette logique, à l’œuvre depuis des années à Paris, se poursuit et s’étend avec le projet mégalo du “Grand Paris” : hausse des loyers, expulsions, promotion de l’accession à la propriété, construction d’immeubles standing de luxe, logements sociaux très chers pour riches, ouverture de lieux culturels branchés pour bobos, transformation du mobilier urbain en repoussoir anti-SDF, boutiques de mode à prix chic, etc.
Agents immobiliers, promoteurs du BTP, urbanistes et politiciens de tout bord aménagent des espaces civilisés, où les bobos et bourgeois se sentent à l’aise et en sécurité, menant ainsi la guerre aux pauvres. Ces opérations de rénovation leur rapporte de l’argent : spéculation, pots-de-vin.
L’aménagement de l’espace urbain et le contrôle renforcé en disent long sur le monde qu’est en train de construire le pouvoir : un grand enfermement à ciel ouvert, où chaque espace est surveillé, où chaque déplacement est sous contrôle, où chacun-e est à la place qui lui est assignée. Des transports aux caméras, des flics aux métropoles, ça ressemble à une grande prison. Sans ses quatre murs oppressants, la promiscuité forcée, les matons et verrous qui règlent le quotidien, mais où les caméras font penser aux miradors, les quelques m² où l’on vit à des cellules et les frontières tracées entre nous à des barbelés.
Le jeu politique construit l’autre comme l’ennemi, l’indésirable et veut nous faire croire que si c’est la merde c’est la faute du voisin, de celui ou celle qui n’a pas la même couleur de peau, de celui ou celle qui ne fait pas partie de la “communauté”, qu’elle soit “ethnique”, religieuse ou de territoire.
Mais à l’inverse de la guerre de tou-te-s contre tou-te-s et du chacun-e pour soi, ici et là, des gestes du quotidien au sabotage, des actes de résistance s’en prennent à ce monde : de l’ouverture d’un squat à la débrouille, de l’entraide et de la solidarité à la résistance à un contrôle de police, de la destruction de caméras de surveillance au fait de se prévenir de la présence des contrôleurs dans le métro.
Chaque perturbation, peu importe son ampleur, a des effets immédiats sur cette routine quotidienne qui, clairement, est celle du travail, de l’économie, du contrôle et du pouvoir. S’attaquer à ce quotidien c’est apporter sa pierre à la destruction de la domination et de l’exploitation, c’est s’ouvrir des espaces de liberté par la révolte. Soyons incontrôlables…

Sabotons le tram-tram quotidien ! Le jour de l’inauguration de la nouvelle ligne T3 du tramway parisien, aux alentours de midi, des chaussettes remplies de riz ou de sable se sont retrouvées enroulées aux caténaires. Des tracts volants sont aussi apparus à divers endroits sur le boulevard. L’efficacité de cette technique n’étant pas avérée, à chacun-e de faire preuve d’imagination la prochaine fois.

publié dans le n°1

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D’une prison à l’autre

D’une prison à l’autre Le 16 décembre 2012, quatre prisonniers du centre de rétention de Palaiseau ont réussi à s’évader après avoir subtilisé à un flic son badge magnétique ouvrant les portes de la prison. Suite à cela, un cinquième retenu, Ibrahim, a été arrêté et placé en garde-à-vue, accusé d’avoir participé à l’évasion. Frantz Pièce, maton au centre, l’accuse de l’avoir ceinturé et maîtrisé pendant que les autres lui dérobaient son badge et prenaient la fuite. Sa collègue, Coralie Bouton, arrivée en renfort, l’accuse elle de l’avoir fait tomber au sol et d’avoir essayé de lui prendre ses menottes et son badge.
Après 3 mois passés en détention préventive à la prison de Fleury-Mérogis et un premier procès au TGI d’Evry le 18 janvier 2013 lors duquel il a été condamné à deux ans d’emprisonnement et à verser des dommages et intérêts aux deux flics, Ibrahim est passé devant la cour d’appel le 20 mars. Celle-ci, ne voulant pas désavouer les juges du tribunal d’Évry ni les flics du centre de rétention de Palaiseau, a coupé la poire en deux : Ibrahim a été reconnu coupable pour violences aggravées sur agents dépositaires de l’autorité publique et condamné à 1 an de prison ferme.
Vous pouvez lui écrire : Ibrahim El Louar – écrou n°399815 – Bâtiment D4 – MAH de Fleury-Mérogis – 7 avenue des Peupliers – 91705 Sainte-Geneviève-des-Bois
Comme toujours flics et juges marchent main dans la main pour tracer le chemin d’une taule à une autre, de la prison pour étrangers à la maison d’arrêt.
Crève la justice, liberté pour tous et toutes !

Contact : evasionpalaiseau@riseup.net

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DÉGAGE ! La révolution continue en Égypte et en Tunisie

DÉGAGE ! La révolution continue en Égypte et en Tunisie2retouch

Depuis que les dictateurs sont tombés en Égypte et en Tunisie, ceux qui ont pris leur place voient leur pouvoir contesté chaque jour un peu plus. Grèves sauvages, manifestations et affrontements avec la police, attaques et incendies contre des bâtiments institutionnels et des locaux de partis politiques…, l’offensive contre les dirigeants d’Ennahdha en Tunisie et des Frères Musulmans en Égypte ne connaît pas de trêve.

À l’occasion des deux ans du début du soulèvement, fin janvier, puis de la chute de Moubarak, début février, des milliers de personnes sont descendues dans les rues égyptiennes. Des affrontements ont éclaté entre la police et des manifestant-e-s dont certain-e-s s’étaient préparé-e-s à attaquer, à coup de cocktails Molotov et de pierres, contre les lacrymogènes, les balles en caoutchouc, et les balles réelles utilisées par l’armée. Plusieurs locaux des Frères Musulmans ont également été saccagés et incendiés. On a pu voir un drapeau anarchiste rouge et noir à la fenêtre de l’un d’entre-eux pendant son occupation. Le 12 février à l’aube, Morsi, le président de la république, est obligé de quitter le palais présidentiel par la petite porte.
Quelques jours après, une grève éclate à Port Saïd, les chemins de fer sont bloqués, ainsi que le trafic des ferrys dans le canal de Suez. Au Caire, deux restaurants appartenant à des hommes d’affaire islamistes situés près de la place Tahrir sont incendiés.
Le 22 mars, des manifestations sont appelées contre les Frères Musulmans. Plusieurs de leurs locaux ont pris feu au Caire ou à Mahalla. Aux abords du siège principal du parti à Moqattam, des heurts ont opposé manifestant-e-s aux flics et aux membres du parti venu de toute la région pour défendre leur siège. Les bus dans lesquels ils avaient fait le déplacement ont été incendiés. Ces affrontements entre pro-Morsi et manifestant-e-s anti-gouvernement se sont poursuivis plusieurs jours, notamment au Caire ou à Alexandrie. En une semaine, plus de trente locaux des Frères Musulmans ont été attaqués dans tout le pays.

En Tunisie, après l’assassinat d’un opposant politique début février, des affrontements entre policiers et manifestant-e-s ont lieu dans plusieurs villes tandis que des dizaines de locaux du parti au pouvoir, Ennahdha, sont saccagés et incendiés à travers tout le pays. Le jour de l’enterrement une grève générale met le pays à l’arrêt et les flics essuient des jets de pierres et d’engins incendiaires.
Le 3 mars à Thala, Ghannouchi le chef du parti islamiste, le ministre des affaires religieuses et un député sont dégagés de la ville à coup de slogans et de pierres. Leur voiture est défoncée.
Le 27 mars, à M’dhilla, près de Gasfa, des manifestant-e-s se sont opposé-e-s aux flics qui ont tiré à la chevrotine. En réponse le local d’Ennahdha a été incendié.
À Hammet El Jérid, le 14 mars, c’est cette fois-ci suite à la condamnation à six ans de prison de sept jeunes, accusés d’avoir agressé des flics et attaqué le poste de police, que des affrontements ont éclaté et qu’une voiture de police a été incendiée.

Les gouvernants ne veulent pas lâcher leur pouvoir mais lâchent leurs flics : à chaque manif’ ce sont des mort-e-s et des centaines de blessé-e-s. Les arrestations et condamnations se multiplient (plusieurs milliers) parmi les opposant-e-s au pouvoir : émeutier-e-s, manifestant-e-s, membres de groupes révolutionnaires, rappeurs/euses…

Le camp de celles et ceux qui veulent la chute du régime n’est pas homogène : il y a celleux qui veulent de nouvelles élections et prendre à leur tour le pouvoir ou seraient prêts à le partager avec celui en place actuellement, celleux qui croient encore que la situation peut s’améliorer et puis il y a celleux qui en ont marre, qui veulent en finir avec l’exploitation et la domination, ou qui ont la haine des flics et du pouvoir.
À l’occasion de l’ouverture du Forum Social Mondial à Tunis, rassemblement d’altermondialistes, des groupes anarchistes et anti-autoritaires ont perturbé les discussions, aux cris de « Forum social, forum du capital », dénonçant ainsi la récupération de la révolution tunisienne par des politiciens de gauche.

De nombreuses pratiques se développent, par exemple des groupes d’autodéfense féministe qui, en Égypte, se sont organisés pour faire face à la violence patriarcale et qui se sont rendus récemment dans les manifestations armés de couteaux de cuisine. Et puis il y a les luttes dans les quartiers contre les expulsions, pour refuser de payer les taxes, impôts et factures d’électricité, les tags et graffitis qui recouvrent les murs, le pillage des magasins d’alimentation d’État, la multiplication de journaux d’agitation, les grèves sauvages, les blocages de route et les sabotages, la coordination de groupes d’attaque dans les manifs, l’émergence d’un mouvement anti-autoritaire et anarchiste… À propos de tout ça, il nous manque des témoignages et des informations directes.

Ce qui est sûr, c’est que ce qui se déroule là-bas nous parle et nous inspire ; que chaque manifestation, chaque local de politiciens ravagé, chaque acte de révolte, est un peu plus d’air, un pas de plus vers la liberté.
Ces événements nous montrent qu’ici aussi, que partout, la révolution est possible et qu’on peut se battre pour changer radicalement l’ordre des choses, contre l’État et le capitalisme.
Exprimons ici notre solidarité avec les insurgé-e-s en Tunisie, en Égypte et propageons la révolte contre tous les pouvoirs.

Vive la révolution !

publié dans le n°1

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